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6 mars 2012 2 06 /03 /mars /2012 11:05

Dans deux jours, le 8 mars, nous célebrerons la journée internationale de la femme. En France, ça passera surement presque inaperçu, alors qu'au Burkina, je vous le rappelle c'est un grand jour, qui est meme férié.

Cette année le thème est : " Mobilisation sociale pour la réduction de la mortalité maternelle : le rôle des hommes ".

JE vous propose pour en savoir un peu plus une partie d'un interview de mme le Dr. Marie Claire Millogo/Sorgho, présidente du comité d’organisation et par ailleurs secrétaire permanente pour la promotion du genre au ministère de la Promotion de la Femme accordée au journal le Progrès.

 

Le Progrès (L.P.) : Que sous-tend le thème du 8 mars 2012, prévu pour se tenir dans la ville de Dédougou, à savoir " Mobilisation sociale pour la réduction de la mortalité maternelle : le rôle des hommes " ?

Marie Claire Millogo (M.C.M.) : Le choix de ce thème " Mobilisation sociale pour la réduction de la mortalité maternelle : le rôle des hommes ", est la continuité de celui de l’an dernier (Donner la vie sans périr) ; c’est d’ailleurs ce qui explique pourquoi ce thème figure à nouveau sur les pagnes de 2012. Il n’est pas possible d’épuiser un thème aussi majeur au bout d’une seule année, et encore moins d’une seule journée. Le thème de cette année 2012 trouve d’abord sa justification dans la ferme volonté des autorités de notre pays à réduire, par la contribution des femmes elles-mêmes et aussi par les hommes, la mortalité maternelle. Toute chose qui s’inscrit dans un objectif plus vaste qui est celui de promouvoir et de protéger les droits des femmes. Ensuite, le thème de cette 155è Journée internationale de la femme est d’autant plus pertinent et actuel que les statistiques nous montrent qu’au Burkina Faso, toutes les trois (3) heures, une femme meurt de complications liées à la grossesse ou à l’accouchement, soit environ 307 décès maternels pour cent mille naissances.

Notre pays accuse donc un retard, comparativement à l’objectif 5 du Millénaire pour le développement (OMD) qui consiste à réduire la mortalité maternelle des trois quarts d’ici 2015, soit 101 décès maternels pour 100 000 naissances. De plus, les réflexions autour de ce thème visent à interpeller toutes les couches de la société sur l’urgence de la question, et notamment les hommes. Il s’agit de susciter l’implication réelle de ces derniers sans lesquels les femmes seules ne pourront réduire, voire venir à bout du fléau de la mortalité maternelle. La responsabilité des hommes dans l’atteinte de cet objectif est plus que primordiale dans ce sens que ce sont eux qui détiennent généralement le cordon de la bourse dans les familles, ce qui complique très souvent la prise en charge des femmes enceintes et/ou en situation d’accoucher. Les hommes sont partie prenante du processus de procréation et ils se doivent d’accompagner vraiment leurs femmes de la grossesse à la délivrance.

Il nous revient par exemple des formations sanitaires que plusieurs femmes enceintes et à terme arrivent démunies, sans un minimum pour leur prise en charge. Il y a aussi les cas où certaines rejoignent les maternités tardivement, au moment où on ne peut plus rien faire pour les sauver. Trois types de retards sont constatés au niveau du système sanitaire, à savoir le retard du mari ou des parents dans la non reconnaissance du danger lié à l’état de grossesse, le retard né du problème du moyen de transport (absent ou non adapté), et le retard lié à l’absence de kits d’accouchement appropriés. Une lecture de cette chaîne des trois retards interpelle l’Etat ainsi que tout le monde.

L.P. : Comment comptez-vous atteindre les hommes sur l’importance de s’impliquer dans la lutte contre la mortalité maternelle aux côtés des femmes ?

M.C.M. : Au cours des activités menées dans le cadre des journées précédentes, les femmes ont laissé souvent entendre qu’elles avaient l’information sur tel ou tel sujet alors que les hommes, apparemment, n’en disposaient pas. Cela requiert donc la prise en compte à la fois des besoins spécifiques des femmes et des besoins des deux genres mis ensemble. Les femmes qui sont regroupées en associations féminines sont plus facilement accessibles alors que les hommes restent difficiles d’accès. D’où la nécessité de les sensibiliser en leur donnant l’information juste pour mieux agir dorénavant. A partir de cette année, ils seront ciblés particulièrement à travers une mobilisation sociale d’envergure. Au Niger par exemple, il y a une association dénommée " l’école des maris " à travers laquelle les hommes sont régulièrement sensibilisés sur les bons comportements à tenir pour aider la femme enceinte de bout en bout, afin de réduire au mieux la mortalité maternelle. C’est le type de pratiques que le Burkina Faso gagnerait à expérimenter, bien sûr en tenant compte de nos réalités.

 

 

Vous pouvez retrouver l'intégralité de cet interview ici : **

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