Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
19 octobre 2011 3 19 /10 /octobre /2011 15:59

Si vous avez une excellente mémoire vous vous rappelerez qu'il y a presque un an je vous avais parlé de cet homme qui parrainait la grande conférence régionale du nord pour le cinquantenaire de l'indépendance du Burkina Faso.

El Hadj Oumarou Kanazoé dit « OK », appartient à la légende des grands entrepreneurs ouest-africains.

Voyons un peu plus qui était OK...

C'est d'abord et avant le flair d'un homme : El Hadj Oumarou Kanazoé. Une succes story burkinabé. Fils unique de samère, Kanazoé, qui naquit le 31 décembre 1927, originaire de Yako à 100km au nord de Ouagadougou (sur la route de Ouahigouya).

Comme souvent à l'époque, en milieu rural, à 7 ans c'est l'école coranique (apprentissage du coran en arabe) qui l'accueille et non l'école française. Fils unique, son père décédé alors qu'il a douze ans, il lui faut très tôt subvenir aux besoins de sa mère. "Mon père est décédé quand j'avais 12 ans. Il ne m'a rien laissé comme héritage matériel et financier, mais des bénédictions sur ma bonne conduite. Elles sont pour moi une richesse énorme et intarissable".

Il se lance dans le petit commerce car il n'a guère d'argent. Ce sont des cotonnades des tisserands de son pays qu'il va vendre, à pied, au Mali ou au Ghana voisin. Il en ramène de la cola, des sandales et du sel qu'il écoule sur les marchés locaux.

Habile commerçant, il ne tarde pas à réaliser quelques petites économies qui lui permettent, en 1950, d'ouvrir une boutique et un restaurant à Yako. Ses affaires commencent à prospérer et en 1955, Kanazoé achète un premier camion pour transporter diverses marchandises. Ainsi prend-il pied dans le transport.

Au début des années 70, il diversifie encore ses activités. On le retrouve dans la construction et le commerce général. Le moment est venu de structurer ses différentes activités. Il crée, en 1973, l'entreprise Oumarou Kanazoé, une entreprise individuelle. Son premier gros contrat est la réalisation (en sous traitance) d'un tronçon de route de 50km. Il commence à se faire un nom. Il devient de plus en plus incontournable dans le secteur stratégique du batiments et des travaux publics.

Aujourd'hui, l'Entreprise est devenue familiale avec la participation active des enfants qui y travaillent tous, considérée comme un véritable empire, elle injecte annuellement 20 milliards de francs CFA (30 millions d'euros) dans le pays.

 

Malgré les succès et la fortune, Oumarou Kanazoé n'a pas oublié son origine modeste et son éducation morale. Il offre des vivres aux régions connaissant un déficit céréalier, construit bénévolement des écoles, mosquées et églises.

L'islam est pour lui ce qu'il a de plus cher. Il aeffectué le pelerinage aux lieux saints et s'investit grandement dans la construction d'édifices religieux et dans la rpise en charge des imams. Il était le président de la Fédération des associations islamiques du Burkina. "Ma fortune, c'est pour servir Dieu et mes concitoyens, pour créer des emplois, redistribuer les richesses et contribuer au bien être du plus grand nombre possible de burkinabés", aimait-il clamer. Son voeu le plus cher : "avoir longue vie et la bénédiction de Dieu pour pouvoir réaliser le maximum de choses au profit des êtres humains".

 

El Hadj Oumarou Kanazoé s'est éteint aujourd'hui à l'âge de 84 ans, maissant derrière lui 4 épouses, et trente enfants.

Partager cet article

Repost 0

commentaires