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27 novembre 2010 6 27 /11 /novembre /2010 07:10

Le conférencier, Pr Samuel SALO, est professeur à l’université de Ouagadougou. (à gauche sur la photo)

  grande-conference-regionale--25-novembre-2010-031.JPG

Le Yatenga occupe la partie nord ouest du moogo (territoire mossi) ; la superficie du Yatenga est estimée à 12 300 km² et sa population d ‘environ un million d’habitants. Le Yatenga est passé sous protectorat français en 1895, la plupart des autres royaumes mossi ont perdu leur indépendance en 1896, la totalité du Moogo se trouvant alors intégré à l’empire colonial français, dans le cadre, successivement, du territoire militaire de la Sénégambie-Niger (1896-1904), de la colonie du Haut-Sénégal-Niger (1904-1919) puis de la Haute volta (1919-1932).

Entre 1932 et 1947, après la suppression du territoire de la Haute Volta, le Yatenga fut rattachée à la colonie du Soudan français, tandis que le Moogo central et méridional était intégré à la colonie de Cote d’Ivoire. En 1947, le Yatenga retrouva sa place dans la Haute volta réunifiée, territoire de l’Afrique Occidentale Française jusqu’en 1960, pour l’indépendance de la Haute Volta.

La fondation du Yatenga est flou (tradition orale oblige), mais on pense qu’il est crée vers 1540 par Yadega, fils adoptif du Moogo Naaba du Moogo central, confié à Naaba Suida (installé vers Gourcy) qui lui apprend l’art de la guerre. Quand le Moogo Naaba meurt, Suida n’informe pas Yadega. Il sera par hasard, un jour qu’il abreuvait son cheval à un puits, une femme lui « cracha le morceau ». Il fila directement chez son père, mais son frère avait déjà pris la place, et il fut contraint de fuir avec sa sœur Pabré qui avait pris la précaution de dérober les emblèmes royaux.

Quand Yadega revient, il a soif de pouvoir, et entreprend de prendre la place de Naaba Suida. Il l’attire chez lui ou il a fait creuser un puits qu’il a recouvert du natte, et invite suida à s’asseoir !! Celui-ci tombe au fond du trou et sera ébouillanté.

Yadega entreprend une lutte ouverte, a des visées expansionnistes. Gourcy devient résidence royale, centre économique du Royaume (bcp de forgerons, de commerçants).

Yadega meurt, sans prévoir sa succession, ce qui en suivra une suite de conflits fratricides.

Au 17ème siècle, le royaume est force politique de la région, possède 79 commandements locaux (qui sont aujourd’hui des villages), Bourzanga passe sous influence du royaume du Yatenga. Au cours de se siècle, 19 rois se succèdent mais sans grand relief.

Le 18ème siècle est marqué par le règne du Naaba Kango (1857-1887), le plus long règne d’un roi au Yatenga. Le royaume devient une très grande puissance économique, politique et militaire. Mais avant d’en arriver là, Naaba Kango s’était retrouvé roi sans ‘trône’, il avait donc été contraint à s’en aller, il alla jusqu’au Mali où on lui prédira qu’il sera chef sans descendance mâle. A Ségou il recrute des mercenaires, puis réapparait dans le Yatenga et prend le pouvoir. Il entreprend des réformes politiques et instaure un cadre commercial. Il règne une paix relative sur le royaume, une certaines sécurité aux frontières. Il meurt en 1887. Actuellement à Ouahigouya, toujours appelée la cité du Naaba Kango, car c’est lui qui l’a crée (Ouahigouya signifie : venez vous prosterner) , on retrouve la tombe du Naaba, et chaque année lors du Na poussoum (salutation au roi, grande fête des fins de récolte, surement en décembre) on fait ressortir ses « reliques » !

A sa mort, pas de descendance et il s’en suit encore une suite de conflit fratricide, et qui entrainera un des prétendants, Bouli, à partir chercher de l’aide à Bandiagara ou se trouvait les français. C’est ainsi que les français viendront mettre de l’ordre, et que le royaume passera sous protectorat français dans le traité de l’amitié signé en 1895.

Naaba Tougri -> Naaba Bouli -> Naaba Tigre -> Naaba Sigri -> Naaba Koom -> Naaba Tanga -> Naaba Guigma -> Naaba Kiba (actuel roi du Yatenga).

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