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19 août 2012 7 19 /08 /août /2012 11:25

JE voulais partager avec vous un article trouver sur Lefaso.net ; cet article écrit par une femme explique les difficultés à réussir à trouver à manger à prix normal.

PS : quand je suis parti du Burkina le litre d'huile oscillait de 600 à 700F CFA...

 

Se nourrir à Ouaga : Un casse-tête chinois aujourd’hui

Ici au Faso, en particulier à Ouagadougou, s’il y a des gens qui connaissent la signification de la vie chère, ce sont bien les femmes, elles qui sont quotidiennement aux prises avec la réalité du marché, avec les prix des produits qui ne cessent de grimper, pendant que le prix de la popote dans les foyers a du mal à suivre le rythme. De cette ‘’Viim Yakanga’’, l’auteur de l’écrit ci-après en parle, fort de son expérience et victime lui aussi de la situation.

Aujourd’hui j’ai décidé de faire plaisir à ma petite famille, que dis-je à mon cher mari qui trouve qu’on mangeait mal. Alors j’ai décidé de prendre les taureaux par les cornes.

Moi femme, je rentre au marché avec en tête de faire manger à ma famille un bon riz gras comme on l’aime au Faso, munie d’une liste de tous les ingrédients nécessaires : choux, aubergines, carottes etc. Un samedi matin au marché ; je vous dis pas combien de fois j’ai fait les va-et-vient dans le marché pour avoir les condiments les moins chers en quantité et surtout en qualité.

A force de tourner j’ai commencé à râler, a parler toute seule à croire que je suis devenue folle : impossible d’acheter, les prix des condiments flambent d’une semaine à l’autre au bon vouloir des commerçantes et surtout au détriment des pauvres familles Burkinabé. D’ailleurs, qu’est ce qui ne flambe pas ?, disait l’autre. Même le prix de la petite « adjoa » qui est passé de 200FCFA à la belle époque à, je ne sais combien, aujourd’hui et elle a préféré jeter l’éponge. Bref, intéressons-nous à mes condiments.

-  Le chou, il n’y a pas de prix fixe. vous choisissez le chou que vous voulez, vous le présentez à la vendeuse et elle vous donne un prix selon le choix : 250 FCFA, 300 FCFA et même 400FCFA l’unité. Et cela de façon aléatoire.

Pour me faire comprendre pourquoi les prix étaient aussi exorbitants la vendeuse m’a confié qu’elle fixait son prix en fonction du poids et aussi en fonction de la tête de la cliente car les riches ont l’argent ; et donc, plus vous présentez bien, plus vous payez cher. C’est ainsi maintenant à Ouaga. Alors chers sœurs et frères, avant d’aller au marché, habillez vous en conséquence.

Le cas le plus flagrant s’est produit quand j’ai voulu acheter le plat de farine de maïs blanc. Savez-vous combien la vendeuse comme prix d’une assiette d’environ 1100 F CFA ? Tenez-vous bien : 1100 FCFA. Furieuse, je me suis dit au fond de moi- même que notre traditionnel to est devenue une affaire de riches. Abattue mais pas vaincue, j’ai poursuivi mon tour du marché pour voir s’il n’y avait pas mieux ailleurs. Et c’est à ma troisième vendeuse qu’on m’avancera 800F CFA comme prix pour la même assiette de farine. C’est là que je me suis fait cette idée : notre vie chère en fait est due à la mauvaise foi de certains commerçants véreux qui pensent plutôt à la maximisation de leurs profits, qu’à la souffrance de la population ; Wendé !!!!!!!! (Dieu)

Que dire de notre Benga-couscous, on ne peut plus y toucher DEH !!! Car, le plat de Benga (haricot en langue mooré) est devenu cheeeeeeeerrrrrrrrrrrr 1200FCFA, non ça c’était la semaine passée. Cette semaine, le prix vient de passer à 1300FCFA, sans parler du couscous ou de l’huile dont le litre est passé à 900 FCFA. C’est fini, le Benga n’est plus une solution de secours pour pauvres en période de soudure. C’est devenu nourriture pour riches. Mais, mangent-ils Benga-couscous ? Non !!!!!!!!!!!!!!! Il faut que les commerçants ouvrent l’œil et surtout le bon car il ya quelque chose qui ne va pas. Bref, revenons à nos ingrédients de riz gras que je voulais, je dis bien ‘’voulais’’, préparer pour ma famille si adorable car, le dynamisme qui m’animait au départ commence à s’estomper, et au fond de moi-même, j’ai commencé à bouder et tout doucement une idée commence à resurgir.

Est-ce que c’est la peine de faire du riz gras, depuis tout le temps que j’explique à l’autre, oui l’autre mon mari bien sûr, que la popote ne suffit pas et il ne comprend rien. J’aurais voulu qu’il soit là pour constater de visu ce que je vis.

Finalement, est- ce ingénieuse cette idée de préparation de riz gras. Et c’est donc, dans cet élan de découragée finie que je tombe sur ces belles tomates qui ne pouvaient que faire du bien à ma petite famille, en plus les légumes, on le sait, sont bons pour la santé et surtout les tomates sont admirables pour les yeux. C’est cela aussi la femme, on ne sait jamais à l’avance avec une femme tout ce qu’elle va ramener du marché. Quand elle rentre au marché avec une liste, il lui est impossible de finir son marché sans ajouter quelque chose d’autre et c’est d’ailleurs ce qui fait que l’on dure au marché et les hommes ne comprennent rien.

Me voilà donc devant la vendeuse de tomate. A la question, combien coûte le tas de six tomates ?, elle a répondu ‘’200FCFA’’. Bon !!!!!!!! Comme j’ai fait des études, j’ai cru pouvoir embrouiller la vendeuse avec mes longues années de MARKETING puisque le tas de quatre tomates coutent 200FCFA alors je ramasse (03) trois tas de 200 à 500FCFA au lieu de 600FCFA. Je ne vous raconte pas sa réaction et j’avais intérêt à disparaître devant elle comme j’étais venue. Juste à côté d’elle j’ai trouvé nos traditionnelles feuilles comme l’oseille, les feuilles de haricot, de ‘’Coumba’’ ( feuilles d’aubergine locale en Mooré) et je me suis dit que je change d’avis et je fais un ‘’babemda’’ (en Mooré), non, du ‘’Gonré’’ ( en Mooré), et pourquoi pas du ‘’Gnougou’’ (en Dioula).

Mais là aussi, impossible de payer les feuilles et les vendeuses trouvent que c’est la faute à la pluie car avec ses dernières fortes pluies, toutes les feuilles baignent dans l’eau il faut donc avoir de la chance pour avoir sur tes étales des belles feuilles ; et tout comme elles sont belles, elles sont aussi coûteuses.

Comment on va faire !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Allah prend pitié de nous ! Enfin, je voudrais dire que les prix flambent tellement de nos jours que le Burkinabé, jadis généreux, est devenu maintenant si égoïste et aigri qu’il est incapable de se permettre une famille élargie.

L’étape finale. Car, j’ai fini par acheter mes légumes avec une boule au ventre (car il faudrait que je jongle pour le reste de la semaine sur la popote) : le riz ; Ah mais pas n’importe quel riz, de la « brisure », les habitués savent de quoi je parle, de la vraie brisure car depuis un certain temps des petits filous ont jugé bon de réutiliser le sac de riz brisure pour nous vendre du vieux riz impropre à la consommation et sans vitamine au même prix de 12 500FCFA le sac de 25 kg. Cela uniquement pour gagner de l’argent. Qu’est ce que les commerçants ne font pas pour se faire de sous sur le dos des clients.

C’est pourquoi, je lance un vrai cri de cœur à la SONAGESS afin qu’il fasse connaître ses produits par l’ensemble de la population. C’est là où je regrette ce temps de la « révolution » qui imposait à tout fonctionnaire des produits locaux (notre cher haricot vert, que dire du bidon de lait qu’on consommait).

Moi j’ai mangé le riz gras avec ma famille toute joviale, mes enfants souriants jusqu’aux oreilles. C’est ce qui manque à beaucoup de familles aujourd’hui au Burkina Faso. Car, nombreuses sont les familles qui ont des difficultés pour assurer « correctement « le quotidien de leur famille ».

Ce sont peut-être toutes ces situations difficiles qui amènent de nombreux chefs de famille à s’adonner à la consommation de boissons frelatées pour oublier leurs soucis Qu’Allah vienne nous sauver de nos souffrances !!!!

B.

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15 juin 2012 5 15 /06 /juin /2012 14:47

Comment ai-je pu passer à côté de ça! Je me le demande!!!

"Mon Faso" est un webdocumentaire réaliser l'an dernier par une photographe Anaïs Dombret et un réalisateur Sylvain Pioutaz.

C'est en fait un site sur lequel vous trouverez 6 portraits de burkinabé. 

Les auteurs ont rencontré des personnalités bien différentes dans des lieux complètement opposé et on retracé les portraits avec des photos et les interviews.

N'hésitez pas à visionner ces portraits vous aurez un vrai aperçu de la vie burkinabé, de l'ambition, de la nonchalance, du courage, du quotidien. Rien de surfait c'est tout à fait réaliste, bien monté, de magnifiques photos, un sous titrage si vous n'entendez pas bien, et des bonus en plus!

C'est mon p'tit coup de coeur de la semaine!!!


Pour y aller cliquez ici : MONFASO

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13 juin 2012 3 13 /06 /juin /2012 15:53

Vous le savez tous, nous sommes rentrés en France depuis déjà un petit moment. Après une pause "bébé" je suis maintenant à la recherche d'un emploi. Cet article vaut CV et j'espère qu'à travers celui ci mon profil interpelle un éventuel employeur ou des personnes ayant des pistes de recherches! (n'hésiter pas à partager cet article autour de vous).

Je suis à la recherche d'un poste de chargée de projet ou programmes ou encore coordinateur de projet dans le domaine de la santé publique et/ou en lien avec l'Afrique de l'Ouest, ou d'un poste de chargée d'éducation pour la santé.

Mon blog peut être une partie de mon CV car j'ai souvent parlé de mon travail. Mais pour résumer, j'ai une expérience de deux ans au sein de l'OCADES CARITAS Burkina Faso comme chargée de projet de soutien nutritionnel aux personnes vivant avec le VIH. Grâce à ce poste j'ai pu acquérir des compétences administratives tant sur le plan de la gestion des ressources humaines en étant à la tête d'un équipe de plus de 30 volontaires locaux ;  tant sur le plan de la comptabilité en étant responsable de la planification du budget, des dépenses des justificsations jusqu'à l'élaboration des bilans ; enfin tant sur le plan de la communication autour du projet et de la rédaction des rapports techniques.

J'avais aussi en charge des activités plus techniques concernant la nutrition et le VIH à travers des sensibilisations et/ou des formations des populations locales.

Ainsi dans ce projet j'ai pu mettre en avant mes capacités d'adaptation, mes qualités relationnelles et j'ai aussi appris la rigueur de l'organisation et des échéances.

 

Au Burkina, j'ai eu la chance aussi de m'investir pour une grande ONG reconnue qu'est Action contre la Faim. J'ai eu à réaliser une étude sur la prise en charge du VIH surtout sur le plan nutritionnel sur deux régions ciblées afin de pouvoir proposer des actions à mettre en place par l'ONG.

 

Avant tout cela, mon cursus universitaire m'a amené à faire des stages plus ou moins long (de 3 mois à 7 mois) que j'ai effectué au Burkina. Le dernier (stage de fin d'études) a porté sur la prise en charge de la malnutrition dans un CREN urbain et un rural (MORIJA). Ce fut un stage très enrichissant dans lequel j'ai pu beaucoup m'investir en sachant réaliser le bilan nutritionnel et décider de la prise en charge necessaire pour un enfant se présentant en consultation. J'ai réalisé une étude retrospective sur les résultats obtenus avec la prise en charge en place avant celle recommandée par l'OMS.

 

J'ai eu quelques expériences de travail en France, notamment en animation d'enfants en centre de vacances, ainsi qu'avec d'adultes déficients intellectuels. Auprès de ces derniers, j'avais la responsabilité de monitrice d'internat et donc de gérer le quotidien de ces personnes et de les accompagner dans leur épanouissement.

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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 16:54

Le grand gagnant du Prix du Festival du Film Humanitaire est le film Famine au Burkina Faso réalisé par Marc Dana (1968 votes)

Il est suivi par Onè Respè de Camille Rosa (1401 votes) puis de Tibetan is beautiful, de Youri Tchao et Jérémie Camus (92 votes).

Famine au Burkina Faso sera donc projeté le vendredi 8 juin 2012 à 21H au Lavoir Moderne Parisien. A cette occasion, le réalisateur se verra décerner le Prix du Festival du Film Humanitaire par les organisateurs du festival.

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4 juin 2012 1 04 /06 /juin /2012 17:51

Le Festival du Film Humanitaire, organisé chaque année par les étudiants du master Action Humanitaire Internationale et ONG de la faculté d'administration et échanges internationaux de l’Université Paris-Est Créteil, ouvrira ses portes au public du 6 au 9 juin 2012 pour la 5ème année consécutive.

Ce festival, gratuit, se veut ouvert à tous. L'objectif de cet évènement est de sensibiliser le public à l'action humanitaire et à des problématiques délaissées par les médias classiques.
Des débats-conférences succéderont aux projections, permettant à chacun de s'informer, se forger une opinion et d'exprimer son point de vue sur le monde de l'humanitaire et la question des crises oubliées.
Ensemble, transmettons un message et luttons contre l'abandon des populations !

Pour sa cinquième édition, le festival propose de mettre en lumière des crises durables, auxquelles aucune solution n'a encore pû être apportée. Aujourd’hui près de 33 pays, essentiellement africains, sont touchés par ces crises qui n’intéressent plus les médias. Pourtant, la souffrance des populations civile perdure. Ces situations complexes, installées dans la durée, compliquent la réponse humanitaire, qui n’est souvent pas adaptée, et dont les financements se font rares.
A travers ce débat, ce sont des crises, et donc des êtres humains que nous souhaitons sortir de l'oubli.

 

Pour la première fois, le Festival du Film Humanitaire a décidé d'ouvrir sa programmation à des jeunes talents.

Ainsi le film que vous avez vu (j'espère) et dont je parlais il y a quelques jours sur ce blog : "Famine au Burkina" fait partie de la sélection Jeunes Talents, et le vote est ouvert au public jusqu'au 5 juin. Le lauréat des 3 films en compétition sera projeté lors du festival.

Alors allez on clique pour le Film de Marc Dana!! ICI

Et pour les retardataires vous avez donc l'occasion de revoir ce film!!

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29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 15:08

Il y a quelques jours j'ai fait la connaissance virtuelle d'une jeune française qui part à al rentrée prochaine au Burkina pur donner des cours bénévolement dans un centre de formation professionnel crée cette année par l'association Agir plus Namanegzanga Burkina.

Pour rendre son projet plus concret elle veut emmener des livres scolaires et acheter des fournitures scolaires sur place afin d'étoffer ce qu'il y a déjà sur place.

C'est ainsi qu'elle m'a dirigée sur sa page "Ulule". Qu'est que c'est?? c'est un site qui permet de proposer ses projets aux financements des internautes. C'est à peu près le même principe que les artistes qui se font financés leur album...

Pour que vous compreniez mieux regarder cette vidéo et ensuite je vous conduit directement au projet qu'elle propsose!

 

 

Maintenant que vous avez compris j'espère que vous l'aiderez un p'tit peu, et si vous êtes dans la région toulousaine vous pouvez aller directement à sa rencontre!!

je compte sur vous :

Projet éducatif dans un centre de formation professionnelle

 

 


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25 mai 2012 5 25 /05 /mai /2012 17:18

La télévision est en ce moment prolifique à propos du Burkina. Ce n'est toujours pas trop dans un sens positif, mais on en parle c'est déjà ça.

Mardi prochain, Arte diffuse un documentaire de Hubert Dubois, Enfants forçats. Ce documentaire reprend une enquête commencée il ya 20 ans à travers le documentaire "L'enfance enchainée". (dossier de presse)

Le reportage montre la situation des enfants dans 4 pays : Inde, Burkina, USA et République Dominicaine.

 

Qu'en est-il au Burkina? Je ne sais pas encore ce que va dire ce reportage.

LE travail des enfants est une péroccupation au Burkina. dès 1954, le pays s’est intéressé au phénomène de travail des enfants par l’arrêté N°539 ITLS-HV. Le pays a également ratifié en 1989, la convention relative aux droits des enfants adoptée par l’Assemblée Générale des Nations Unies. La Convention précise que chaque enfant a droit à la vie, à la survie et au développement, à la protection familiale et à l’aide spéciale pour l’enfant privé de son milieu familial, à la non discrimination, à l’accès aux soins de santé primaires, à l’éducation et à la sécurité sociale. Aussi, l’article 15 du Code du travail stipule que nul ne peut être engagé dans un travail quelconque avant l’âge de 15 ans, même comme étant apprenti. Ces actions en faveur des enfants ont été renforcées par la convention
182
de l’OIT sur les pires formes de travail des enfants, ratifiée par le Burkina Faso le 25 Mai 2001.

 

Les statistiques que j'ai trouvé sur le travail des enfants au Burkina datent de 2006, une enquête réalisée par l'Institut national de la statistique et de la démographie(INSD) : ce sont au total 1 658 869 enfants âgés de 5 à 17 ans qui mènent une activité économique au Burkina Faso. Le secteur de l'agriculture emploie 70% de ces tout-petits.

 

Il est vrai qu'on voit beaucoup d'enfants gardant les troupeaux, dans les champs avec des dabas ; mais dans les villes aussi ont trouve bon nombre d'enfants qui vendent des objets divers et variés, qui cirent les chaussures. Les uns font ça pour aider leurs parents d'autres pour pouvoir subsister, certains font ça en plus de l"école mais ils ne doivent pas être très nombreux.

J'espère que le reportage de mardi nous en dira un peu plus...

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23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 17:40

L'autre jour on entend à RFI que le Burkina abandonnait la culture du coton transgénique. Le Burkina est classé au rang des grands pays producteurs de coton en dépit des conditions climatiques défavorables et des caprices pluviométriques que connaît le pays et se place au treizième rang des pays producteurs d’OGM dans le monde. Cette information a donc été une grande surprise pour moi, et une bonne nouvelle...

Mais elle fut démenti le lendemain par le premier ministre Luc Adolphe Tiao :

  « C’est une contre information. C’est regrettable que sur une radio aussi crédible, on balance une telle information (NDLR : l’information a été diffusée le jeudi 10 mai dernier sur les antennes de la Radio France internationale (RFI)). Je démens catégoriquement que le Burkina Faso n’a jamais abandonné le coton OGM. Ce que la personne qui semblait connaître ne dit pas, c’est que nous faisons nos recherches ici. Aujourd’hui, nous avons pu travailler avec les Américains et la recherche sur le coton OGM (Organisme génétiquement modifié) se poursuit. Il faut dire que nous avons fait des avancées dans ce domaine. Bien sûr, nous pouvons avoir des difficultés, mais nous n’avons jamais abandonné. Nous venons même d’apprendre qu’il y a déjà 250 000 tonnes de graines de coton OGM qui ont été mises sur le marché. Naturellement, comme pour toutes les semences, nous devons l’améliorer pour que la semence s’adapte aux conditions climatiques et à l’environnement. C’est dans ce sens que nous travaillons, mais nous n’avons jamais décidé d’arrêter la culture du coton transgénique ».

Rencontre avec le Dr Déhou Dakuo, directeur du développement de la production cotonnière de la SOFITEX  (dans le journal le Pays)

« Le Pays » : Les Burkinabè se sont réveillés avec une information de RFI faisant état de l’abandon cette année de la culture du coton Bt. Qu’en est-il ?

Dr Déhou Dakuo : Nous avons également été surpris par cette information. D’autant plus que nous sommes en train de tenir nos fora d’avant-campagne avec les producteurs. La mise en place des semences de Coton génétiquement modifié (CGM) comme celles du coton conventionnel est faite à plus de 80%. Cela veut dire que la plupart des groupements de producteurs de coton ont été dotés en semence de coton Bt. Pour ce qui concerne spécifiquement la SOFITEX (NDLR : il existe deux autres sociétés cotonnières : la SOCOMA et Faso Coton), nous envisageons emblaver entre 200 à 300 milles hectares de coton Bt pour la campagne 2012/2013. Pas plus tard que la semaine dernière, Faso Coton est passé à l’usine de délintage de Kourouma dans le Kénédougou pour enlever son stock de semences de CGM et je crois que cette semaine, ce sera le tour de SOCOMA d’enlever son stock de semences. Nous sommes donc très surpris d’entendre que le Burkina Faso veut arrêter la culture du coton Bt.

Qu’est-ce qui peut expliquer la diffusion d’une telle information. Une mauvaise source d’information ou de la manipulation ?

Je ne saurais vous le dire. Ce qui est sûr, l’information n’est pas avérée. J’ai interrogé beaucoup de personnes dans la filière et même hors de la filière pour comprendre. On n’a pas d’explication. A moins qu’il y ait d’autres intentions derrière la diffusion d’une telle information par RFI. Cette année, il y a eu les états généraux sur la filière coton, après cela, l’AICB (Association interprofessionnelle du coton du Burkina) a tenu une conférence de presse sur la situation de la culture du coton au Burkina Faso. Nous avons des documents qui sont disponibles et qui sont diffusés. C’est transparent de ce côté-là.

Il y a peut être des problèmes dans la culture du CGM qui ont pu laisser penser cela ?

Comme tout intrant, pour chaque innovation que l’on introduit, il faut se donner les moyens de la suivre pendant quelques années. Pour cette semence GM (Génétiquement modifiée), si l’on s’en tient au souhait des producteurs, 90 à 95% aimeraient avoir des semences GM, alors que pendant la dernière campagne, on a observé un certain mélange. Des parcelles sensées être des parcelles de CGM ont subi des attaques de ravageurs. Après enquêtes, on s’est rendu compte qu’il y a eu des mélanges de semences qui pourraient être le fait des producteurs eux-mêmes, ou survenus lors des transports. Pour éviter ces mélanges, avec notre partenaire Monsanto, on a pris des mesures. A la méthode de contrôle chromatographique communément appelée méthode des bandelettes, on a ajouté la méthode Elisa (test sérologique) pour analyser les semences afin d’être sûr que tout ce qui sort du laboratoire est 100% GM. En outre, la SOFITEX a élaboré un plan semencier et pour sa mise en œuvre des formations commencent la semaine prochaine. Elles concernent tous les acteurs : des agents du laboratoire aux semenciers jusqu’au producteurs en passant par les transporteurs et les égreneurs. Tout le monde va être formé et sensibilisé sur la qualité de la semence. En station de recherche, on a vu que l’on pouvait atteindre un rendement de 30% avec le CGM. Cela est possible en milieu paysan.

On l’a vu avec les premiers producteurs recrutés parmi les meilleurs en 2008 pour la production de semences. Mais lorsqu’on a généralisé, cela n’a pas été le cas chez tout le monde. Les petits producteurs qui, même avec le coton conventionnel, n’atteignaient pas les seuils de rendements attendus, n’ont pas fait mieux avec le CGM à cause essentiellement du non- respect des paquets techniques (sous-dosage d’engrais chimiques, pas d’apport en fumures organiques, non-réalisation des traitements insecticides recommandés). Le coton GM n’augmente pas systématiquement les rendements, mais ce sont ses effets induits qui apportent une augmentation du rendement. Pour atteindre l’objectif de 30% de rendement supplémentaire, il faut nécessairement respecter le paquet technique recommandé. Comme vous le savez, au Burkina Faso, la plupart des sols cultivés sont pauvres en matières organiques. Dans ce cadre, nous avons élaboré un plan d’actions sur la fertilité des sols qui va faire appel à la recherche au ministère de l’Agriculture et de l’hydraulique et à nos services techniques pour en faire une action prioritaire.

En plus du rendement, il semble que la longueur de la fibre n’était pas au rendez-vous. Ce qui a fait baisser le prix d’achat de 10%. Qu’en est-il ?

Pour ce qui concerne la fibre, nous faisons face à deux caractères dans la semence GM. C’est le croisement d’une variété burkinabè et d’une variété américaine qui a permis d’introgresser le gène Bt. Forcément, le descendant va avoir le caractère de chacun des parents en bon et en mauvais. Dans notre cas, il me semble qu’on a trainé avec un petit défaut de la variété américaine pour ce qui concerne la longueur de la fibre. On s’en est rendu compte très tôt au niveau de Monsanto, des sociétés cotonnières et de l’INERA, et des mesures ont été prises. La première mesure, c’est au niveau de la recherche nationale qui y travaille et dans un ou deux ans, le problème sera résolu. Le travail est bien avancé, il ne reste plus qu’à multiplier les semences. La seconde mesure est au niveau de Monsanto. Ils ont pris conscience du problème et ont opéré des sélections. Au cours de ce mois de mai, 14 lignées de backcross 3 (BC3) doivent être envoyées par Monsanto à l’INERA pour la multiplication des semences. Dans le backcross 3, la part de caractères de la variété burkinabè va être plus grande afin d’améliorer la qualité de la fibre.

Comment s’est comportée la première campagne de commercialisation du Bt burkinabè sur le marché international ?

Dans l’ensemble, de l’avis de mon collègue en charge du dossier, ça va. Il y a effectivement la question de la longueur de la fibre sur certains lots qui a posé de petits problèmes. Mais l’un dans l’autre, la production a été écoulée. N’oubliez pas que le coton est un produit commercial et que certains concurrents peuvent profiter de cette situation pour dénigrer notre produit. Les principales caractéristiques de notre coton n’ont pas changé. Je ne vois pas où se trouve le problème. Il y a eu, c’est vrai, quelques petites variations par rapport à la longueur de la fibre.

Le Burkina est toujours engagé dans le Bt. Il n’y a pas de rétropédalage ?

Tout ce que je viens de dire confirme notre engagement dans le coton Bt. Nous étions récemment à Grand-Bassam en Côte d’Ivoire autour du Programme régional de protection intégrée du cotonnier en Afrique (PR-PICA). Une des principales recommandations a été que les autres pays membres (Bénin, Côte d’Ivoire, Mali, Sénégal, Togo) et les pays voisins s’inspirent de notre expérience afin de leur faire gagner du temps. Si notre expérience était si mauvaise, elle ne servirait pas de référence. Je tiens donc à rassurer tout le monde qu’il n’en est rien. Nous n’avons aucune crainte de ce côté-là, les producteurs non plus. Cette information diffusée aurait dû être mieux recoupée à notre avis, d’autant que France 24 qui est en train de fusionner avec RFI, a demandé à venir faire un reportage sur le coton Bt au moment des semis, courant mois de mai et juin, ce qui a été autorisé par la SOFITEX.

Abdoulaye TAO

Si vous voulez aller plus loin faites un tour sur le site de l'Union Nationale des Producteurs de Coton du Burkina (OGM ou non!!)

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27 avril 2012 5 27 /04 /avril /2012 13:40

Demain soir, Arte diffuse un reportage tourné au Burkina Faso, à Diapaga (est du Pays) ou j'étais allée faire une mission il y a un an et demi.

Apparement le reportage est en lien avec les activités d'Action contre la Faim dans cette région.

Je pense que ce reportage montrera bien la situation des cas de malnutrition au Burkina, vvous aurez un petit aperçu de ce que j'avais vu lors de mon stage au CREN Morija de Ouaga.

 

Voici le résumé proposé sur le site d'Arte :

Au Sahel, 16 millions de personnes sont à nouveau menacées par une grave crise alimentaire. Le Burkina Faso est parmi les pays les plus concernés.

L’équipe d’ARTE Reportage s’est rendue dans l’Est du pays, dans la province de Diapaga, sévèrement touchée par la sécheresse.

Dans cette région rurale et isolée, peuplée de 45.000 habitants, la production céréalière, habituellement excédentaire, a chuté de 32%. Résultat : une flambée des prix renforcée par la hausse générale des cours mondiaux.

Ici, les familles sont loin de tout et plus pauvres que la moyenne nationale, avec 8 enfants à nourrir en moyenne, contre 6 dans le reste du pays.
Les taux d’admission d’enfants souffrant de malnutrition dans les centres nutritionnels ont doublé. Les autorités locales et les ONG tirent la sonnette d’alarme

 

Reportage de Marc Dana et Emmanuel Charieras – ARTE GEIE / France Italie Média – ARTE GEIE – France 2012

source : arte et ACF

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22 avril 2012 7 22 /04 /avril /2012 13:37

Actualités oblige, je ne peux pas vous parler d'autres choses que des élections. Mais pour faire un peu exotique, voilà comment ça se passe pour les français du Burkina :

Ce 22 avril 2012 se déroulera le premier tour de la présidentielle en France. Dix  candidats sont en lice pour la conquête de l’Elysée. Combien de Français en âge de voter accompliront-ils leur acte citoyen au Burkina ? Concrètement, comment se déroulera ce scrutin  majeur dans notre pays ? Revue de détails avec le Consulat français qui chapeaute cette opération électorale.

Dès l’entrée de l’ambassade de France, le visiteur devine qu’il y a un grand événement lié à cette communauté : les affiches des 10 candidats y trônent, placardées  selon un tirage au sort effectué par le Conseil constitutionnel français. Ainsi le premier tiré au sort doit avoir son affiche la plus proche possible du bureau de vote. C’est la championne des écolos, Eva Joly, qui a eu ce privilège.

Partout donc en France comme à l'Etranger, c'est le portrait de la porte-étendard des Verts qui sera à quelques mètres des bureaux de vote, suivi des autres. Seul manque le portrait de la candidate Nathalie Arthaud  du fait d'un retard d'acheminement de la valise diplomatique, imputable à la candidate elle-même. Ces flyers géants bien visibles sont la preuve de la campagne, nous dira en substance Louis-Vincent Gay, le consul adjoint.

Un tableau d’affichage administratif comportant des extraits du Code électoral, le décret de convocation du corps électoral, entres autres, fait aussi  partie du décor. Il y a bel et bien un vote capital en Hexagone . Et les Français de l’Etranger ne sont pas en reste. Ils sont 3450 ressortissants de ce pays inscrits au registre du Consulat comme des résidents permanents au Burkina. Au total et ce, depuis le 31 décembre 2011, date de clôture pour les inscriptions, 1974 se sont inscrits au Faso pour voter à la présidentielle 2012.

A cet effet, 2 bureaux de vote sont prévus : un à Ouagadougou à l’ambassade-même et un autre à Bobo-Dioulasso à l’Institut français. La répartition des votants est faite en fonction des zones ; ceux dépendants de la capitale politique  (au nombre de 1 694) y votent et ceux qui sont rattachés (280) à la ville de Sya  y sont inscrits. Au consulat de France à Ouagadougou, 3 isoloirs sont prévus (dont un pour les personnes handicapées) et une urne transparente.

Les bureaux de vote sont ouverts ici de 8h à 18 h GMT. Les votes par procuration que le Consulat estime à une centaine sont possibles et ce, jusqu’au  vendredi 20 avril 2012. Une seule personne peut voter par procuration pour  3 personnes au maximum.

Un inscrit  du Burkina Faso peut choisir de voter en France à condition qu’il l’ait signalé avant le 31 décembre dernier.

Les votants reçoivent par courrier les professions de foi des candidats (programme politique) et une lettre de convocation indiquant le lieu et l’heure du vote.

Dans le bureau de vote comme habituellement en pareil cas, il y a le président du bureau de vote ; en l’espèce ici, c’est Mme la consule Claudie Bucaioni, assistée d’un secrétaire, désigné parmi les agents consulaires, et des assesseurs choisis par les délégués des candidats. Si un assesseur manque à l’appel, ce sera la présidente du bureau de vote qui en désignera un remplaçant. Le dépouillement débute sitôt les bureaux de vote clos, et le décompte commence. Il revient à Mme la consule de proclamer les résultats, lesquels sont transmis à Paris par télex diplomatique. Et, compte tenu du décalage horaire, les premières estimations seront annoncées à Paris alors même que le dépouillement débutera à Ouagadougou.

«J’espère que tout se passera sans problème, on a tout mis en place pour qu’il n'y en ait pas…le Consulat est prêt», a affirmé celle qui présidera au déroulement de ce vote au Burkina.

 

Ref : journal l'observateur 19 avril 2012

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